Un ancien expert de l'O.M.S. estime qu'une consommation «modérée», soit environ treize verres d'alcool par jour, serait bénéfique en comparaison à l'abstinence. Ce dernier affirme, après avoir passé en revue toutes les études publiées ces dix dernières années sur les effets de l’alcool, qu'une consommation de treize verres par jour serait bénéfique pour notre organisme par rapport à une logique "zéro alcool". Et les médias nous expliquent que cette publication «fait réagir les lobbys anti-alcool» !
- Pour les médias : quand comprendront-ils que nous pouvons être dans la prévention et/ou le soin sans être des lobbys anti-alcool ? Le raccourci est simpliste et caricatural : prévenir des dangers d’un produit ne revient pas (systématiquement) à souhaiter sa prohibition ou à s’élever comme des bien-pensants d’un comportement qui se voudrait exemplaire et sans excès.
- Pour l’expert de l’O.M.S. : considérer qu’une bouteille de vin par jour revient à boire modérément relève au mieux de l’ignorance au pire de la stupidité ! Surtout quand il se sent utile de préciser que «les personnes qui dépassent la limite d'alcool recommandée par l'O.M.S., (21 verres par semaine pour un homme et 14 pour une femme), pourraient vivre plus longtemps que les non-buveurs».
Soyons sérieux… Car même les recommandations de l’O.M.S. sont sujettes à interprétations. Certains de mes patients qui les connaissent ne boivent pas la semaine et avalent en un week-end les quantités préconisées pour une semaine ! C’est pour cela que la problématique alcool ne se mesure pas tant par son niveau de consommation, (même s’il reste indispensable), mais surtout dans le lien qui se tisse entre le consommateur et son produit. Si je ne devais retenir qu’une seule question qui me permette de définir une relation problématique ou non, elle serait : à quoi vous sert de consommer de l’alcool ? Réducteur certes, mais se situant au cœur des addictions.

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