La France avance dans l’acceptation de traitements à base de cannabis. Le débat sur la légalisation ou pas du produit doit être sorti de ce contexte. Faciliter l’accès à cette molécule ne peut pas et ne doit pas relancer ce débat, qui porte sur d’autres enjeux.
Un médicament existe déjà, (le Marinol en gélules), délivré dans des conditions très précises : il doit faire l’objet d’une demande d’Autorisation Temporaire d’Utilisation, (A.T.U.), auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, (A.N.S.M.). Elle consiste en une demande effectuée par un Médecin hospitalier dans un cadre spécifique, (autres thérapeutiques en échec….), et reconductible par des demandes à effectuer régulièrement. La délivrance ne se fait qu’en pharmacie hospitalière.
Ce médicament agit sur les problématiques anorexiques, les patients souffrant du SIDA ou en chimiothérapie, (augmentant l’appétit et diminuant les nausées). Il a également des fonctions antalgiques sur les neuropathies périphériques. Il est aussi utilisé dans les scléroses en plaques pour limiter les spasmes musculaires. Dans certains pays, les soins palliatifs y ont souvent recours. Les contre-indications sont peu nombreuses mais formelles, à savoir les allergies, les antécédents de schizophrénie ou troubles mentaux, les troubles cardiaques ou hépatiques, la grossesse… Les effets indésirables sont peu nombreux si on le compare aux antalgiques à base d’opiacés, (morphiniques). Il peut s’agir de somnolence, de vision floue, maladresse, somnolence, faux sentiment de bien-être…, pour n’en citer que quelques uns.
Bien évidemment, le Marinol est tout sauf anodin, c’est un traitement qui doit faire l’objet d’un encadrement spécifique. Mais les effets secondaires des opiacés sont, à mon sens, bien plus importants et bien plus invalidants que ces dérivées cannabinoïdes. En 2014 devrait arriver une autre molécule sous la dénomination commerciale de Sativex, (en spray buccal). Le Marinol est à base d’un produit actif du cannabis, le dronabinol, le Sativex à base d’une autre molécule, le THC, (tétrahydrocannabinol). Ce dernier est décrit comme plus efficace sur les douleurs neurologiques. L’arrivée de ces nouveaux traitements est une bonne nouvelle pour certaines pathologies ou symptômes réfractaires aux traitements classiques et ils génèrent, semble-t-il, moins d’effets secondaires. Leur utilisation ne doit pas, comme je l’ai précisé plus haut, faire resurgir le débat sur la légalisation ou pas du cannabis. (Ses détracteurs utilisent souvent cet argument). Peut-être un peu caricaturalement, mais l’utilisation de produits opiacés n’a jamais provoqué ce phénomène. Les opiacés sont des analgésiques de niveau 3, les plus puissants.

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